Les étudiant-e-s et les lycéen-nes continuent de se mobiliser contre la loi Vidal qui instaure la sélection à l’entrée de l’université et contre la fin de la compensation entre matières en Licence. Aux attaques policières se sont jointes celles de l’extrême-droite. En réaction, plusieurs facs se sont fortement mobilisé-e-s, tandis que la grève se prépare chez les cheminot-e-s.

Dans plusieurs villes des lycéen-nes s’organisent entre elles et eux pour coordonner leurs actions, comme en Ile de France ou à Rennes, mais la mobilisation patine encore. Dans les universités, la mobilisation prend de l’ampleur depuis la semaine dernière : 700 personnes à Nancy, 800 à Nantes ou Tolbiac. A Toulouse, la fac du Mirail, continue à voter le blocage reconductible lors d’AG importantes. Les étudiant-e-s de Montpellier ont vivement réagi suite à l’agression par l’extrême-droite d’étudiant-e-s occupant un amphi. Agression que le doyen, qui a démissionné, avait soutenu. En plus de la répression policière, l’extrême-droite dévoile son véritable rôle en s’attaquant au mouvement social, comme à Strasbourg ou à Lille. La meilleure réponse aux fafs, au-delà de l’autodéfense de nos mobilisations, c’est de continuer d’élargir notre mouvement, pour être toujours plus nombreux-euses et déterminé-e-s.

Pour une coordination auto-organisée

La mobilisation peine encore à se coordonner nationalement. Bien que la CNL (Coordination Nationale de Luttes) ou la CNE (Coordination Nationale Etudiante) aient posé des dates de mobilisation nationale, elles ne sont pas exempts de reproches. La CNL fonctionne sans mandats, donc zéro contrôle démocratique sur les décisions qui s’y élaborent. La CNE elle, a été largement contrôlée par les militant-e-s de l’Unef, qui au lieu de respecter les mandats de leurs AG ont agi suivant les consignes de leur syndicat. Notamment en se faisant mandater par des AG fantômes, c’est-à-dire des AG ne réunissant qu’une poignée d’étudiant-e-s dont le but n’est que de donner davantage de voix à l’Unef lors de la coordination. En augmentant la différence de voix entre les petites et les grosses AG, ces manœuvres auraient moins de poids, car lors de la dernière CNE, une AG de moins de 200 personnes avait deux mandats, alors qu’une de plus de 1000 seulement quatre, ce qui ne reflète pas l’état de la lutte au sein de la coordination. Deux sections de l’Unef se faisant passer pour des « AG » dans des facs peu mobilisées pouvaient donc peser autant que l’AG de plus de mille étudiant-e-s du Mirail ce qui n’est pas admissible. Pour nous, communistes libertaires, l’autogestion de la lutte passe par des étudiant-e-s mandaté-e-s par leurs assemblées générales pour que la coordination soit véritablement auto-organisée par les étudiant-e-s, et non pas contrôlées par des groupes politiques ou des organisations syndicales.

Soyons au rendez-vous !

Les lycéen-nes et les étudiant-e-s ne sont pas les seul-e-s attaqué-e-s et la réussite du 22 mars a prouvé que la colère est bien là, notamment chez les cheminot-e-s dont la grève qui commencera le 3 avril s’annonce forte ! Tout comme les travailleurs et travailleuses du rail en lutte contre les attaques visant leur secteur, les lycéen-ne-s et les étudiant-e-s ne sont pas en lutte simplement pour défendre un statut. Les classes populaires, attaquées par la bourgeoisie et le gouvernement à sa botte, doivent converger dans un mouvement d’ensemble qui soit en capacité de bloquer l’économie. Toucher au portefeuille de la classe dominante, c’est l’espoir d’imposer à celle-ci de lâcher du lest, voire d’abandonner ses projets destructeurs. Dans l’histoire des luttes, les mouvements forts de la jeunesse peuvent encourager les travailleurs.ses à entrer eux et elles aussi dans une lutte dure, et inversement. La seule façon de gagner, c’est de faire converger les mobilisations. C’est un mouvement d’ampleur qu’il nous faut, une grève générale et reconductible qu’il s’agit non d’invoquer mais bien de construire méthodiquement. La jeunesse doit être au rendez-vous, continuons de nous mobiliser, de nous auto-organiser massivement et allons à la rencontre des travailleurs et travailleuses en lutte.