Avec une grève qui s’annonce déjà comme historique, les cheminot.e.s ont ouvert la voie à une mobilisation d’ensemble. Les attaques se multiplient partout : casse des services publics, plans de licenciements pour les uns et chantage à l’emploi pour les autres rendus possibles via la loi El-Khomry, sélection à l’université et matraquage d’étudiant.e.s, aggravation générale des inégalités et de la précarité… Le meilleur moyen de résister à ces attaques, c’est de se battre tous ensemble et de reprendre l’offensive !

Élu avec le relatif succès que l’on sait, Macron est le joker des patrons : là où les autres cassaient les acquis sociaux avec prudence, Macron a promis de tout casser d’un coup et il tient parole. Quant au vernis humaniste dont Macron s’est servi pour se faire élire, il est en train de s’effacer avec sa nouvelle loi sur l’immigration. Pourtant, Macron, tout arrogant qu’il soit, a repoussé la réforme des retraites au printemps 2019… comme quoi il a peur de la goutte qui ferait déborder le vase.

Construire les grèves…

Cette goutte d’eau, ça pourrait être la grève des cheminot.e.s. Mais ces dernier.e.s ne peuvent pas se battre seuls pour tout le monde : le meilleur soutien qu’on puisse leur apporter, c’est que dans chaque entreprise les salarié.e.s rentrent en action. Il nous faut construire une grève reconductible sur nos lieux de travail, en partant des revendications locales, professionnelles. Les pétitions internet, le soutien des usager.e.s, les journées d’action isolées peuvent aider mais ne peuvent être un objectif en soi : cela ne suffira pas à arrêter les attaques. …

et les faire converger

Mais qui peut croire qu’en luttant juste à l’échelle de son entreprise on peut gagner sur le long terme, alors même que Macron et sa clique mènent des réformes structurelles, qui ont pour ambition de remodeler le salariat pour le futur ? Mai 68 nous a donné l’exemple de la meilleure façon d’inverser le rapport de forces pour des années : la convergence des luttes, vers une grève générale reconductible.

Les gens sont-ils trop égoïstes pour construire une autre société ?

C’est ce qu’on entend tous les jours des politiciens ou journalistes. Mais la réalité démontre le contraire. Ainsi, les cheminots luttent pour que le service public ferroviaire dispose des moyens humains et matériels dont il a besoin. Les étudiants luttent pour un enseignement démocratique, contre une sélection imposée par des budgets étriqués. À Air France les travailleurs/ses luttent pour des augmentations de salaires qui vont à l’encontre de la cupidité patronale. Tous défendent l’intérêt général. Des luttes généreuses, il y en a tous les jours un grand nombre, même si elles ne font pas la une des médias.

Alors faisons converger nos colères et affirmons d’autres choix de société. Nous pensons pour notre part que c’est aux travailleur.se.s de décider de la façon dont il faut s’organiser pour produire, aux citoyen.ne.s de décider des finalités de la production en fonction des besoins de la population. Pour cela, une révolution reste à faire !

Télécharger tract AL19avril