Témoignage

Voici la situation dont nous, moi et monconjoint, accompagnés de mon bébé de 3 mois, avons été témoin hier soir :
Sur l’aire d’autoroute Plaines de Beauce (A10, au nord d’Orléans), vers 20h,nous nous sommes attablés pour manger au Burger King. Un mec, assis avec une autre homme et une femme, s’est mis à gueuler des insultes sexistes : les femmes c’est toutes des putes; quand elles vont au centre commercial, elles ne pensent qu’à baiser, qu’à sucer les mecs ; aucune meuf ici ne vaut rien… Il vociférait en se levant, mettant en scène ses injures. Il était du genre très baraqué, et j’ai eu trop peur d’aller le voir directement, mais je suis allé me plaindre au responsable du restaurant. Une femme, plus courageuse, est allée le voir pour le faire cesser. Il l’a poussé violemment sur une table. Moi, moncompagnon et plusieurs autres personnes nous sommes interposés. Il a fallu lui tenir les bras pour l’empêcher de frapper. Le mari de la femme qu’il a poussé lui a demandé s’il dirait ça à sa mère. Il lui a répondu à plusieurs reprise de « lécher le cul de sa femme » et l’a provoqué en duel, sur le monde « vient avec moi dehors si tu es un homme ». Il a provoqué tout le monde, menacé. Il a fallu le contrôler physiquement pour l’empêcher de frapper quelqu’un et s’ en est suivi une poursuite dans le restaurant pendant une demi heure. Une autre femme au moins a été poussée violemment. Mon compagnon a été traité de pédé. Les gens présents on fini par l’attraper par les jambes et les bras pour le mettre dehors, mais il est revenu quelques minutes plus tard, sans provoquer d’esclandre cette fois-ci. Tous les clients étaient choqués par le comportement de cet individu, visiblement violent et dangereux.
Alors que plusieurs personnes, dont les employés du restaurant, ont appelé la police, et malgré le fait que l’individu soit resté un très long moment, la gendarmerie n’est arrivée que trois quarts d’heure plus tard. Ils ont pu récupérer la plaque d’immatriculation de l’individu, celui-ci ayant eu un accident en partant lui ayant arraché la dite plaque. Plusieurs personnes leur ont rapporté les faits et leur ont donné leur contact pour témoigner. Et bien-sûr, il doit y avoir des caméras partout puisqu’il s’agit d’une aire d’autoroute. Cependant, ils ne semblaient pas convaincu que ce qu’il ait fait soit vraiment punissable…
La femme ayant été agressée étant partie (rien d’étonnant sur une aire d’autoroute après une attente aussi longue, sachant qu’elle avait elle aussi des enfants), pour eux, il n’y avait rien à faire. Ils doutaient même que les injures sexistes puissent être punies, dans la mesure où il s’adressait à toutes les femmes et non une en particulier. Bien sûr, cela est faux ! Une injures s’adressant à tous les noirs et tous les juifs est un délit. Il n’y a aucune raison qu’il n’en aille pas de même pour les femmes et les homosexuels. J’ai donc décidé de déposer moi-même plainte à la gendarmerie de Saran. Là encore, d’après les gendarmes, ma plainte devrait aller directement « dans la poubelle » du procureur.
Je suis contente que les gens de la salle aient réagit et n’aient pas laissé cet individu déverser sa haine impunément. Mais les gendarmes ont vraiment pris les choses à la légère, nous a mal informé pour nous décourager de porter plainte. Il m’est insupportable de penser que, à quelques jour de la journée contre les violences faites aux femmes, ma plainte puisse être mise tout simplement « à la poubelle ». Pourtant, j’ai pris le temps d’aller la déposer, avec un bébé de 3 moins pleurant dans les bras, pour tous ceux qui n’ont pas osé, pour toutes les fois où, moi, je n’ai pas osé.
Rien ne justifie un classement de l’affaire, la gendarmerie ayant tous les éléments pour retrouver l’individu. Je demande à ce que ma plainte soit instruite avec sérieux. Je n’ai aucune confiance en cette justice, mais je ne peux pas me taire et faire comme s’il était normal qu’un homme agresse et insulte les femmes, et comme s’il était normal qu’on puisse classer sans suite un évènement aussi violent.